Une difficulté absolue pour un geste, ou grave pour deux : voilà la porte d'entrée. Ce qui décide ensuite du nombre d'heures accordées tient en une page que presque personne ne remplit sérieusement.
Dans le dossier de Monsieur T., à Saint-Roch, le projet de vie tenait en trois lignes : « J'ai besoin d'aide pour la toilette et les repas. » La commission a accordé une heure par jour. Au recours, la même personne a décrit sa journée heure par heure, ses chutes, la fatigue de sa femme, les courses devenues impossibles. Le plan est passé à trois heures. Rien n'avait changé, sauf la page qu'on avait prise au sérieux.
La prestation de compensation du handicap finance cinq éléments, et non trois ou quatre comme on le lit souvent : l'aide humaine, les aides techniques, l'aménagement du logement et du véhicule avec les surcoûts de transport, les charges spécifiques ou exceptionnelles, et l'aide animalière. Elle se demande à la maison départementale des personnes handicapées, sans condition de ressources pour y accéder.
Les cinq éléments que finance la PCH
L'aide humaine finance l'intervention d'une tierce personne pour les actes essentiels, la surveillance et le soutien à l'autonomie, jusqu'à vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les situations les plus lourdes. Elle peut rémunérer une auxiliaire en emploi direct, passer par un service mandataire ou prestataire, ou dédommager un aidant familial.
Les aides techniques couvrent le matériel adapté, fauteuil roulant, lève-personne, dispositifs de communication, dans la limite de 13 200 € par période de dix ans.
Le troisième élément réunit l'aménagement du logement, plafonné à 10 000 € sur dix ans avec 3 000 € supplémentaires en cas de déménagement, l'aménagement du véhicule et les surcoûts de transport. Sur ce dernier point, les deux sources officielles ne présentent pas le plafond de la même manière : le barème de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie pose 10 000 € sur dix ans, portés à 24 000 € pour les trajets entre le domicile et le travail ou un établissement médico-social assurés par un tiers ou dépassant cinquante kilomètres aller-retour, quand la fiche du service public affiche 24 000 € pour la voiture et 10 000 € pour les autres moyens. Le plafond retenu dans votre situation figure sur la notification de la MDPH : c'est elle qui fait foi.
Les charges spécifiques et exceptionnelles prennent en charge 75% des dépenses liées au handicap que les autres éléments ignorent : 100 € par mois pour les dépenses permanentes comme l'entretien d'un fauteuil ou les protections, 6 000 € sur dix ans pour les dépenses ponctuelles.
L'aide animalière, enfin, verse 6 000 € sur dix ans, à raison de 50 € par mois, pour un chien guide ou un chien d'assistance éduqué dans un centre labellisé.
Qui a droit à la PCH, et jusqu'à quel âge
Deux conditions se cumulent, l'une tient au handicap, l'autre à l'âge.
Côté handicap, la règle est précise : il faut présenter une difficulté absolue pour réaliser une activité, ou une difficulté grave pour au moins deux, parmi les vingt activités du référentiel, qui vont de la mobilité à la communication en passant par l'entretien personnel. Difficulté absolue veut dire que l'activité ne peut pas être réalisée du tout sans aide.
Côté âge, le principe est la première demande avant 60 ans. Mais il souffre cinq exceptions, et la première mérite d'être connue parce qu'elle défait une idée reçue tenace.
La barrière des 75 ans n'existe plus. Depuis 2021, une personne dont le handicap répondait déjà aux critères avant 60 ans peut demander la PCH à tout âge, sans aucune limite. Beaucoup de familles renoncent en croyant qu'il est trop tard.
Ensuite : celui qui exerce encore une activité professionnelle peut la demander sans limite d'âge, et sans avoir à prouver un handicap antérieur à 60 ans. Le titulaire de l'ancienne allocation compensatrice pour tierce personne peut opter pour la PCH à tout âge, le choix étant alors définitif. Et depuis un arrêté de février 2026, la barrière d'âge n'est plus opposable aux personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Charcot, seule pathologie inscrite à ce jour sur la liste prévue par la loi. Une personne déjà bénéficiaire, enfin, conserve sa PCH après 60 ans tant qu'elle en remplit les conditions, à vie si le handicap n'évolue pas favorablement.
Quel est le montant de la PCH selon le mode d'intervention
La PCH ne verse pas une somme forfaitaire. Elle rembourse des dépenses, dans la limite d'un tarif et d'un plafond propres à chaque élément, auxquels s'applique ensuite un taux de prise en charge.
Ce taux est binaire, jamais progressif : 100% des tarifs si le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 31 162,62 € par an, 80% au-delà. Aucun niveau de ressources ne ferme le droit ; les ressources déterminent seulement ce qui reste à votre charge.
Pour l'aide humaine, le tarif horaire dépend du mode d'intervention, et l'écart change le calcul d'un plan.
| Mode d'intervention | Tarif horaire | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Emploi direct | 19,92 € | 20,70 € en cas de gestes liés à des soins ; vous êtes employeur et gérez tout |
| Service mandataire | 21,91 € | 22,77 € en cas de gestes liés à des soins ; vous choisissez l'auxiliaire, l'agence porte la gestion |
| Service prestataire | 25,00 € | Tarif plancher national qui s'impose au service, rien de plus ne peut vous être facturé au taux plein |
| Aidant familial dédommagé | 4,93 € | 7,39 € si l'aidant réduit ou cesse son activité ; plafonné à 1 269,83 € par mois et par aidant |
Deux forfaits garantissent par ailleurs un minimum mensuel lorsqu'ils dépassent le calcul horaire : 837,85 € pour la cécité, 502,71 € pour la surdité.
Monter un dossier PCH à la MDPH des Alpes-Maritimes
La demande se dépose auprès de la maison départementale des personnes handicapées, à Nice, avec trois pièces : le formulaire Cerfa 15692*01, un certificat médical Cerfa 15695*01 de moins d'un an rempli par le médecin, et le projet de vie.
C'est ce projet de vie qui pèse le plus lourd, et c'est celui qu'on bâcle. Il ne s'agit pas de décrire une maladie, l'équipe médico-sociale a déjà le certificat : il s'agit de décrire une journée. À quelle heure vous vous levez, combien de temps prend la toilette, ce que vous ne pouvez plus faire seul et ce que cela coûte à votre entourage, ce que vous avez cessé de faire faute d'aide. Chaque activité décrite devient une ligne évaluable dans le plan de compensation. Ce qui n'est pas écrit n'est pas évalué.
Le délai légal d'instruction est de quatre mois à compter du dépôt d'un dossier complet. Au-delà, le silence vaut rejet implicite, et ce rejet ouvre deux mois pour déposer un recours administratif préalable. C'est un droit à connaître, car les délais constatés dépassent souvent ce cadre : plutôt que d'attendre un courrier qui ne vient pas, la demande peut être relancée sur ce fondement.
Un dispositif local échappe presque toujours aux familles : le fonds départemental de compensation, logé à la MDPH, qui peut réduire le reste à charge des aides techniques après intervention de la PCH. Il se demande à part.
PCH ou APA : ce qui se joue à 60 ans
Les deux prestations ne se cumulent pas, il faut choisir. Le choix mérite d'être calculé plutôt que subi, car il n'y a pas de bonne réponse générale : la PCH finance plus largement l'aide humaine et les aides techniques, l'APA est parfois mieux adaptée à une perte d'autonomie liée à l'âge.
Deux points valent d'être posés. Une PCH obtenue avant 60 ans se conserve, la bascule vers l'APA n'est jamais obligatoire. Et ni l'une ni l'autre n'est récupérée sur la succession : la loi ferme quatre portes à la fois, ni sur la succession, ni sur le légataire, ni sur le donataire, ni sur le bénéficiaire d'une assurance-vie, sans aucun seuil de patrimoine. Le tour complet des dispositifs est dans notre guide de toutes les aides, et les confusions les plus fréquentes sont démontées dans notre guide des idées reçues sur l'APA et la PCH.
Avec une auxiliaire de vie, ce que change le mode d'intervention
Une fois le plan notifié, reste à trouver la personne qui viendra. En mandataire, vous choisissez votre auxiliaire parmi les profils que nous vous présentons et vous traitez ensuite en direct avec elle, tandis que l'agence porte le contrat, la paie, les déclarations et les remplacements. Le tarif de la PCH y est valorisé à 21,91 € de l'heure, contre 19,92 € en emploi direct : le même plan ne couvre donc pas le même nombre d'heures selon le mode retenu.
Le reste à charge, lui, ouvre droit au crédit d'impôt de 50%, calculé après déduction de la PCH, comme l'explique notre guide du crédit d'impôt. Pour l'organisation du quotidien, notre guide du handicap adulte à domicile et, pour concilier emploi et accompagnement, notre guide du travail et du handicap. Côté matériel, notre guide du lit médicalisé et du matériel de mobilité dit qui paie quoi. Pour un enfant, le choix entre le complément d'AEEH et la PCH est traité dans notre guide du complément d'AEEH ou de la PCH enfant.
Faire chiffrer votre plan PCH et votre reste à charge
Une PCH notifiée ne dit pas encore ce que vous paierez. Le reste à charge dépend du mode d'intervention retenu, du taux de prise en charge, du crédit d'impôt, et parfois d'aides complémentaires que le plan ignore.
Lors de l'évaluation gratuite, votre coordinateur reprend votre notification, calcule le nombre d'heures que votre plan couvre réellement selon le mode choisi, et chiffre ce qui restera à votre charge une fois le crédit d'impôt déduit. Si le dossier n'est pas encore déposé, il vous accompagne dans la constitution des pièces et dans la rédaction du projet de vie.
Faire chiffrer mon plan et mon reste à charge
Vos questions sur la PCH
Peut-on demander la PCH après 60 ans ?
Oui, dans cinq situations : si le handicap répondait aux critères avant 60 ans, et il n'y a alors plus aucune limite d'âge depuis 2021 ; si vous exercez une activité professionnelle ; si vous percevez l'ACTP et souhaitez basculer ; si vous êtes atteint de sclérose latérale amyotrophique ; et si vous êtes déjà bénéficiaire, auquel cas vous conservez votre droit.
La PCH est-elle récupérée sur la succession ?
Non, jamais, et sans aucun seuil de patrimoine. Ni sur la succession, ni sur le légataire, ni sur le donataire, ni sur le bénéficiaire d'une assurance-vie.
Que faire si la MDPH ne répond pas ?
Au-delà de quatre mois à compter du dépôt d'un dossier complet, le silence vaut rejet implicite. Vous disposez alors de deux mois pour déposer un recours administratif préalable auprès de la MDPH, exactement comme si vous aviez reçu un refus écrit.
Sources
Service-public.fr, fiche sur la prestation de compensation du handicap. Mon Parcours Handicap, dossier sur la PCH et sur ses conditions d'âge. Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, barème des tarifs et montants de la PCH en vigueur depuis le 1er juin 2026. Légifrance pour les articles L.245-1 et D.245-3 du code de l'action sociale et des familles sur la condition d'âge, l'article R.241-33 sur le délai d'instruction et le rejet implicite, l'article L.232-19 sur la non-récupération, la loi du 6 mars 2020 et le décret du 31 décembre 2020 supprimant la barrière des 75 ans, la loi du 17 février 2025 et l'arrêté du 5 février 2026 pour la sclérose latérale amyotrophique. Département des Alpes-Maritimes, cd06.fr, pour la maison départementale des personnes handicapées. Informations vérifiées le 13 septembre 2026.
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FAQ
La MDPH des Alpes-Maritimes, située à Nice, instruit les demandes de PCH. Le délai légal est de quatre mois à compter du dépôt d'un dossier complet, article R.241-33 du code de l'action sociale et des familles. Passé ce délai sans réponse, le silence vaut rejet implicite et ouvre deux mois pour déposer un recours administratif préalable : c'est un droit à connaître, car les délais constatés dépassent souvent ce cadre. Le dossier comprend le formulaire Cerfa 15692*01, un certificat médical de moins d'un an et le projet de vie, qui pèse le plus lourd dans la décision. Quand vous nous en parlez, votre coordinateur vous accompagne dans le rassemblement des pièces et dans la rédaction du projet de vie.
Oui, selon la façon dont votre plan PCH ou vos aides MDPH sont construits, nos interventions peuvent compléter les heures déjà financées. Lors de l'évaluation gratuite, votre coordinateur vous accompagne dans l'identification de ce qui est déjà pris en charge et de la part qui reste à votre charge, laquelle ouvre droit au crédit d'impôt de 50%.
Nous ne décidons pas des droits PCH ou MDPH, mais nous pouvons vous aider à rassembler les éléments nécessaires, à comprendre les formulaires et à organiser les documents. Notre conciergerie Autonomie peut également vous orienter vers des partenaires spécialisés si besoin.
Oui, partiellement. L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie, pour les 60 ans et plus en perte d'autonomie) finance les tâches d'aide à la personne ; le ménage est inclus dans le plan d'aide quand il participe au maintien à domicile. La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) finance principalement l'aide humaine pour les actes essentiels : le ménage strict y est plus restrictif, mais les tâches physiques liées à un déficit moteur sont prises en compte. Quand vous nous posez la question, votre coordinateur fait le point avec vous sur votre éligibilité et sur le plan qui correspond.



