L'allocation de base se cumule avec la PCH, ses compléments s'excluent avec elle. Entre les deux, il faut choisir, et ce choix se calcule sur une semaine type plutôt qu'il ne se subit.
Les parents de Léa, 9 ans, ont coché le complément d'AEEH parce que c'est ce que la CAF verse, et que personne ne leur a dit qu'il y avait un choix. Deux ans plus tard, il fallait quatorze heures d'aide humaine par semaine. Le complément de catégorie 3 n'en couvrait pas la moitié. La PCH, elle, les aurait financées au tarif réel. Le choix n'avait pas été mauvais : il n'avait pas été fait.
L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé se cumule toujours avec la prestation de compensation du handicap, mais ses six compléments, eux, s'excluent avec elle. Il faut donc choisir entre le complément d'AEEH et la PCH, avec une seule exception : l'aménagement du logement, du véhicule et les surcoûts de transport restent cumulables, sur dérogation.
Ce que verse l'AEEH, ce que verse la PCH enfant
Deux logiques, deux financeurs, deux façons de compenser.
L'AEEH est une prestation familiale versée par la CAF ou la MSA. Elle comprend une allocation de base de 153,01 € par mois, revalorisée chaque 1er avril, à laquelle peut s'ajouter un complément classé en six catégories. C'est une allocation libre d'emploi : vous n'avez aucun justificatif de dépense à fournir après coup.
La PCH enfant est versée par le Département après décision de la commission. Elle rembourse des dépenses réelles, dans la limite de tarifs et de plafonds propres à chaque élément. Pour l'aide humaine, elle finance les heures au tarif du mode d'intervention retenu, et permet aussi de dédommager un parent aidant.
La différence tient en une phrase : le complément verse une somme forfaitaire, la PCH finance des heures et des dépenses justifiées.
Cumul et exclusion entre l'AEEH et la PCH : la règle en trois lignes
L'allocation de base se cumule toujours avec la PCH enfant. Un enfant peut percevoir les 153,01 € mensuels et la PCH en même temps, sans aucun arbitrage à faire.
Les compléments, eux, s'excluent avec la PCH. C'est là, et uniquement là, que le droit d'option se joue.
Une exception : le troisième élément de la PCH, qui couvre l'aménagement du logement, celui du véhicule et les surcoûts de transport, reste cumulable avec un complément d'AEEH, mais sur dérogation. Elle se demande, elle ne s'obtient pas d'office.
Autrement dit, la question n'est jamais « AEEH ou PCH », elle est « complément d'AEEH ou PCH ». Confondre les deux formulations conduit des familles à croire qu'elles devront renoncer à l'allocation de base, et à ne rien demander du tout.
Qui a droit à l'AEEH, et à partir de quel taux
L'enfant doit avoir moins de 20 ans et résider en France de façon stable et régulière, au moins neuf mois par an depuis le durcissement de janvier 2025.
Le taux d'incapacité décide de l'accès : au moins 80%, ou entre 50 et 79% si l'enfant fréquente un établissement spécialisé ou reçoit des soins particuliers à domicile. Cette seconde voie est souvent écartée par les familles elles-mêmes, qui croient le seuil de 80% incontournable. Elle ouvre pourtant exactement les mêmes droits.
Une condition passe régulièrement inaperçue et provoque des refus : pour un enfant de plus de 16 ans qui travaille, ses revenus ne doivent pas dépasser 55% du SMIC mensuel brut.
Quel est le montant du complément d'AEEH selon la catégorie
Six catégories, avec pour chacune un complément et, pour le parent isolé, une majoration. Montants mensuels nets en vigueur depuis le 1er avril 2026.
| Catégorie | Complément | Majoration parent isolé |
|---|---|---|
| 1re | 114,76 € | Aucune |
| 2e | 310,80 € | 62,16 € |
| 3e | 439,91 € | 86,07 € |
| 4e | 681,71 € | 272,55 € |
| 5e | 871,26 € | 349,06 € |
| 6e | 1 298,44 € | 511,63 € |
La catégorie n'est pas choisie par la famille : la commission classe le dossier. Elle combine trois paramètres, le niveau des dépenses liées au handicap, la réduction ou la cessation d'activité d'un parent, et le recours à une tierce personne rémunérée. Une seule condition suffit par catégorie. Pour situer les ordres de grandeur : la deuxième catégorie suppose une réduction d'activité d'au moins 20%, ou une tierce personne au moins huit heures par semaine. La troisième monte à 50% ou vingt heures. La sixième suppose aucune activité professionnelle, ou une tierce personne à temps plein, avec des contraintes permanentes de surveillance et de soins.
Ce qui n'est pas documenté n'est pas classé. Relevés d'heures, factures, attestation de l'employeur sur le temps partiel : chaque pièce déplace une catégorie, et l'écart entre deux catégories se compte en centaines d'euros par mois.
Comment choisir entre le complément d'AEEH et la PCH
La méthode tient en trois gestes, et elle est arithmétique.
Recensez les heures d'aide humaine réellement nécessaires, semaine type en main, en distinguant ce qu'un parent assure et ce qui exige un intervenant extérieur.
Valorisez-les au tarif de la PCH selon le mode d'intervention envisagé : 19,92 € de l'heure en emploi direct, 21,91 € par un service mandataire, 25,00 € par un service prestataire.
Comparez au complément de la catégorie que votre situation laisse attendre.
Deux tendances se dégagent. La PCH l'emporte quand les heures sont nombreuses ou qu'elles passent par un intervenant extérieur, parce qu'elle finance au tarif réel sans plafond forfaitaire. Le complément l'emporte quand le besoin est d'abord une présence parentale continue, avec des frais modestes mais permanents, parce qu'il se verse sans justificatif.
Un élément pèse dans la balance et s'oublie : le dédommagement d'un parent aidant au titre de la PCH est fiscalement déclarable, alors que l'AEEH et son complément ne sont pas imposables.
Le choix n'est pas définitif, et c'est ce que personne ne dit
Le choix s'exerce sur le plan personnalisé de compensation que la maison départementale établit, et vous disposez de quinze jours pour l'exprimer. Si la commission s'écarte de ce plan, un délai d'un mois s'ouvre pour modifier votre décision.
Surtout : vous pourrez en changer. Le choix se rejoue au renouvellement du droit, et à tout moment si la situation de votre enfant évolue et que le plan de compensation s'en trouve substantiellement modifié. Sans réponse de votre part, la prestation en cours est maintenue par défaut.
Cette réversibilité change la nature de la décision : un réglage, qui se révise quand les besoins bougent.
La majoration parent isolé ne se perd pas en choisissant la PCH
Beaucoup de parents isolés renoncent à la PCH par crainte de perdre leur majoration. C'est une crainte infondée, et la loi est explicite : l'article L.541-4 du code de la sécurité sociale ouvre la majoration à la personne isolée qui perçoit l'allocation et son complément, ou cette allocation et la PCH.
Concrètement, le parent isolé qui opte pour la PCH perçoit l'allocation de base, la PCH, et la majoration, celle-ci étant calculée sur le complément qu'il aurait perçu s'il avait choisi le complément. La condition reste qu'un droit à complément d'au moins la deuxième catégorie ait été reconnu au titre de l'aide humaine. Et la majoration est due pour chacun des enfants qui remplissent ces conditions.
La garde d'un enfant de moins de six ans : un complément majoré de 30%
Pour un enfant de moins de six ans gardé par une assistante maternelle ou à domicile, la CAF verse le complément de libre choix du mode de garde. Dès lors que l'enfant ouvre droit à l'AEEH, ce complément est majoré de 30%, quelle que soit la tranche de revenus du foyer.
Il se cumule avec l'AEEH et avec la PCH. À retenir pour le calcul fiscal : le montant de CMG perçu se déduit de l'assiette du crédit d'impôt.
Déposer le dossier à la MDPH des Alpes-Maritimes
Une seule demande, un seul formulaire pour les deux prestations : le Cerfa 15692*01, accompagné d'un certificat médical de moins d'un an et du projet de vie. Le dossier se dépose auprès de la maison départementale des personnes handicapées, à Nice.
Le projet de vie décide plus que le reste. Pour un enfant, il s'agit de décrire une journée et une semaine réelles. Le temps du lever et du coucher, les trajets vers les soins, les nuits interrompues. Ce qu'un frère ou une sœur absorbe, et ce que le parent a cessé de faire. L'équipe compare l'enfant à un autre enfant du même âge : c'est l'écart qui se décrit, pas le diagnostic.
Le délai légal d'instruction est de quatre mois à compter d'un dossier complet. Au-delà, le silence vaut rejet implicite et ouvre deux mois pour déposer un recours. Le détail de la procédure est dans notre guide de la PCH.
Avec une auxiliaire de vie, pour un enfant de 3 à 18 ans
Quand le plan comprend des heures d'aide humaine, reste à trouver la personne qui viendra. Notre agrément couvre les enfants de 3 à 18 ans. En mandataire, vous choisissez vous-même l'auxiliaire parmi les profils que nous vous présentons, puis vous traitez en direct avec elle. L'agence porte le contrat, la paie, les déclarations et les remplacements.
Pour un enfant, la stabilité de l'intervenante compte plus encore que pour un adulte : la même personne, aux mêmes horaires, qui connaît les repères et les signaux.
Le reste à charge ouvre droit au crédit d'impôt de 50%, calculé après déduction des aides, comme l'explique notre guide du crédit d'impôt. Le tour complet des dispositifs figure dans notre guide de toutes les aides. Et pour l'organisation du quotidien, notre guide des trajets et rendez-vous d'un enfant handicapé et notre guide des parents qui hésitent à demander de l'aide.
Faire chiffrer les deux options avec votre coordinateur
Le calcul se fait sur une semaine type, pas sur une intuition. Combien d'heures, à quel tarif, avec quel reste à charge après crédit d'impôt, et combien le complément aurait versé pour la même situation.
Cette comparaison fait partie de l'évaluation gratuite. Votre coordinateur reprend le plan proposé par la maison départementale, chiffre les deux options côte à côte, et vous accompagne dans la rédaction du projet de vie si le dossier n'est pas encore déposé. Vous décidez ensuite, et vous pourrez réviser ce choix au prochain renouvellement.
Faire chiffrer le complément et la PCH pour mon enfant
Vos questions sur l'AEEH et la PCH enfant
Quelle est la différence entre le complément de l'AEEH et la PCH ?
Le complément verse une somme forfaitaire, sans justificatif, classée en six catégories selon les dépenses, la réduction d'activité d'un parent et le recours à une tierce personne. La PCH finance des heures et des dépenses réelles, au tarif du mode d'intervention retenu. Les deux ne se cumulent pas, sauf pour l'aménagement du logement, du véhicule et les surcoûts de transport, sur dérogation.
Peut-on cumuler l'AEEH et la PCH ?
L'allocation de base se cumule toujours avec la PCH. Ce sont les compléments qui s'excluent avec elle.
Un parent isolé perd-il sa majoration en choisissant la PCH ?
Non. La loi ouvre la majoration aussi bien au bénéficiaire du complément qu'à celui de la PCH, dès lors qu'un droit à complément de deuxième catégorie au moins a été reconnu au titre de l'aide humaine.
Sources
Mon Parcours Handicap, pages sur l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, sur son complément et sur la PCH des moins de 20 ans. Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, barème des tarifs de la prestation de compensation du handicap en vigueur depuis le 1er juin 2026. Légifrance, articles R.541-2 du code de la sécurité sociale pour le classement en six catégories, L.541-4 et D.541-3 pour la majoration parent isolé, et R.241-33 du code de l'action sociale et des familles pour le délai d'instruction. Caisse nationale des allocations familiales pour le complément de libre choix du mode de garde. Département des Alpes-Maritimes, cd06.fr, pour la maison départementale des personnes handicapées. Informations vérifiées le 14 septembre 2026.
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FAQ
La MDPH des Alpes-Maritimes, située à Nice, instruit les demandes de PCH. Le délai légal est de quatre mois à compter du dépôt d'un dossier complet, article R.241-33 du code de l'action sociale et des familles. Passé ce délai sans réponse, le silence vaut rejet implicite et ouvre deux mois pour déposer un recours administratif préalable : c'est un droit à connaître, car les délais constatés dépassent souvent ce cadre. Le dossier comprend le formulaire Cerfa 15692*01, un certificat médical de moins d'un an et le projet de vie, qui pèse le plus lourd dans la décision. Quand vous nous en parlez, votre coordinateur vous accompagne dans le rassemblement des pièces et dans la rédaction du projet de vie.
Oui. La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) peut financer des heures d'aide humaine à domicile pour un enfant en situation de handicap. Le complément AEEH peut également contribuer. En mode mandataire, le crédit d'impôt de 50% s'applique sur le reste à charge. Votre coordinateur vous accompagne dans le choix entre ces dispositifs, qui se calcule selon les heures d'aide humaine retenues.
Nous ne décidons pas des droits PCH ou MDPH, mais nous pouvons vous aider à rassembler les éléments nécessaires, à comprendre les formulaires et à organiser les documents. Notre conciergerie Autonomie peut également vous orienter vers des partenaires spécialisés si besoin.



